Le banana bread le plus sain au monde !
17 avril 2019
Le véritable soufflé au chocolat
2 mai 2019

Un dîner d’exception où le temps s’arrête

Il existe des moments où le temps s’arrête. Tout est comme suspendu. On ne pense à rien, on partage, on échange, on déguste, on oublie tout ! Bref on vit intensément. Qu’il s’agisse d’un bon repas avec mes amis, d’une balade en trottinette avec mes enfants ou d’une bonne table avec mes parents.

Une philosophie qui me colle de plus en plus à la peau. C’est ainsi j’ai vécu le dernier week-end de mars au Grand hôtel de Gérardmer. Retour sur 24 heures de partage, de rire, de gourmandises et de bonheur.

Le lieu : Le Grand hôtel & Spa

Autrefois, sous l’enseigne de l’hôtel Bragard, ce lieu est une véritable institution. Je ne l’ai pas connu à cette époque. Mais depuis moins d’une dizaine d’années que je fréquente cet hôtel dans le cadre de mon émission de cuisine, j’ai toujours aimé y venir.

J’aime le bâtiment, la jolie verrière, les boiseries, la moquette, les sièges, le feu de cheminée lors de la saison hivernale. Ici tout est raffiné et cosy. Pas guindé. Bien au contraire. On s’y sent comme à la maison, avec cette touche d’élégance et de charme. La famille à la tête de cet établissement géromois y est pour beaucoup ! Ils font tout pour nous mettre à l’aise et ils m’ont toujours accueilli à bras ouverts. Les parents, Claude et Fabienne ont réussi au fil du temps à affiner l’identité de l’hôtel. Ils ont fait plusieurs paris qui se sont avérés gagnants. Ils ont décidé de monter doucement en gamme, tout en restant authentique et sans chichis. En quelques années, la chenille s’est transformée en un papillon. Que cela soit dans les assiettes avec la création du restaurant gastronomique Le Pavillon Pétrus ou dans l’espace Bien-être avec un Spa de 500m2.

Aujourd’hui, l’histoire de cet hôtel vosgien se poursuit avec Pierre, le fils. Enfant du cru, il a passé toute son enfance et son adolescence à observer ses parents. Tombé dans la marmite lorsqu’il était tout jeune, il savait exactement ce qu’il voulait faire. Un rêve concrétisé il y a quelques années lorsqu’il reprend les rênes de la maison familiale. Mais pas d’inquiétude, si vous êtes de passage au Grand hôtel & Spa, vous pourrez toujours échanger et discuter avec Claude et Fabienne qui font partie de l’ADN de l’établissement.

Le chef : Thierry LONGO

Derrière la table gastronomique “Le Pavillon Pétrus” se cache un chef à la personnalité tranchée et tranchante.

Thierry LONGO n’a pas sa langue dans sa poche. A la première rencontre, il reste distant, discret et observateur. Mais une fois la carapace percée, Thierry est une personne aussi attachante que directe. Authentique, simple et d’une grande gentillesse, le chef LONGO sait être rigoureux et pousser ses équipes. C’est d’ailleurs sa grande force ! Il sait où il va, et où il veut aller.

Fils d’ouvrier, il a grandi dans une petite cité de Belfort. Pas de conte de fée en mode Ratatouille pour Thierry LONGO. Comme il le dit : ” Mes parents cuisinaient tous les 2. Mon papa avait 3 plats phares comme la tourte aux trompettes de la mort ou l’entrecôte aux champignons. Maman c’était la cuisine quotidienne. Mais ce n’est pas comme ça qu’est née ma vocation pour l’art culinaire”

Intelligent, mais rebelle, Thierry va vite vouloir quitter le nid. En quête de liberté, de découverte et fougueux, il quitte la maison à 18 ans pour l’école de Luxueil-les-bains. C’est ici qu’il va faire LA rencontre. Celle qui va façonner l’homme et le cuisinier. Son professeur de cuisine va lui transmettre le savoir, la philosophie, les valeurs du travail, les connaissances sur les produits et le respect des saisons. A la fin du CAP/BEP, Thierry prend les 50 francs qu’il a en poche et monte dans un train. Direction la Côte d’Azur. Pendant plus de 10 ans, Thierry va enchaîner les belles maisons. Il va apprendre son métier aux côtés de chefs étoilés comme Serge CHOLLET ou encore Roger VERGÉ. “J’ai adoré cette période de ma vie. C’était dur mais tellement enrichissant ! “

Dans les années 2000, Thierry et son épouse souhaitent revenir dans leur région natale. Les opportunités l’emmènent jusqu’à Gérardmer. En arrivant sur place, il a un vrai coup de coeur pour la cité vosgienne. “Je me souviens lorsque nous sommes arrivés à Gérardmer. Il faisait très beau. Le soleil, le lac et la petite ville pleine de charme. Avec mon épouse, nous avons été séduits”. Lors de la première rencontre avec Claude REMY, Thierry LONGO cerne les envies et les ambitions du patron. On lui donne carte blanche pour donner un nouveau souffle aux restaurants de l’hôtel. Deux années s’écoulent puis le Pavillon Pétrus voit le jour.

Au fil du temps, Thierry va réussir à conquérir sa clientèle. “Nous sommes dans les Vosges. Ici, les gens aiment les valeurs sûres. Nous avons mis plusieurs mois pour installer la confiance et les convaincre de se laisser tenter par la nouveauté. Nos clients sont fidèles, mais la relation s’est construite avec le temps. Aujourd’hui, nous sommes encore plus libres. La carte est composée de plats traditionnels mais aussi de recettes surprenantes ” C’est ainsi que Thierry mêle l’anguille fumée, les jeunes poireaux et le caviar osciètre sur sa carte hivernale ou l’agneau à la bergamote sur la carte d’été.

Le dîner d’exception : 11ème édition

A l’origine, le dîner d’exception est une histoire de rencontre entre différentes formes artistiques : la peinture, la musique, la philosophie et la cuisine. En effet, pour la première édition, l’idée est de marier ces différents arts lors d’une soirée unique. Derrière les fourneaux de cette première se cache Thierry LONGO et Joseph VIOLA, MOF, bouchon lyonnais et enfant du cru. Rapidement, les deux hommes imaginent un dîner à 6 mains.

Un an plus tard, la seconde édition réunit 3 MOF et deux cuisiniers. 150 personnes découvrent le concept et tombent sous le charme. Le succès est immédiat !

Après 11 ans, le dîner d’exception est devenu un incontournable pour les épicuriens. Les convives se régalent pendant que les chefs subliment ensemble les assiettes. C’est d’ailleurs la véritable force de ce concept : faire fédérer les chefs. Ici on discute, on rit, on se chamaille, on se taquine et on partage l’instant présent ! Être en cuisine avec ces chefs est un vrai bonheur. Bon enfant, tout en restant professionnel. Une sincérité qui se ressent dans les assiettes.

Cette année, le menu peut se résumer en 1 mot : perfection. En effet, l’intégralité des plats étaient maitrisés. L’ensemble du menu fonctionnait à merveille. Les produits, la qualité, et les quantités. Un sans-faute ! J’ai toujours peur lorsque j’opte pour un menu complet que ça soit trop copieux. Ce soir-là, j’ai tout mangé, dégusté et apprécié. Je me suis régalée. Du début à la fin. Une expérience culinaire unique où j’ai pu retrouver chaque chef dans chacun des plats.

Je dois avouer que l’un des plats m’a véritablement touché ! Les asperges vertes de Provence de Patrick HENRIOUX m’ont conquises. A tel point, que je me suis promis d’aller à Vienne rapidement pour tester sa table. C’est aussi ça, le diner d’exception. Découvrir des chefs et leur personnalité culinaire.

J’ai eu la chance d’aller dans les coulisses de cette soirée. De pouvoir les observer dans le travail. Il y avait une cohésion d’équipe très forte. Du travail, de la rigueur mais dans l’air flottait une sincère décontraction et bonne humeur. Les chefs ont réussi à me transporter avec leurs plats… Mais ils ont surtout réussi à confirmer ce que je pense de cette soirée : que j’avais de la chance d’être là avec eux. De partager ces quelques heures qui mêlent dimension humaine et découvertes culinaires.

Toute la magie de la gastronomie française résumait en une soirée qui porte bien son nom d’exception.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *